Archives mensuelles : décembre 2014

Chronique de l’opposition, décembre 2014.

Chronique de l’opposition parue dans La Lettre aux villardiens de décembre 2014.

Chronique pour l’opposition, droit de réponse instantané pour la majorité… C’est hélas le constat qui s’impose après la diffusion du dernier numéro de la Lettre aux Villardiens en octobre 2014. Une règle non écrite voulait que la rubrique de l’opposition dans le bulletin municipal ne soit pas lue avant sa publication par la majorité. Le droit de réponse s’exerçait donc avec un peu de retard ce qui donnait le temps de la réflexion et de la retenue. Apparemment ce n’est plus le cas. L’humour n’est pas toujours une pratique facile; le crocodile même si on le fait pleurer, reste un animal dont on a surtout peur qu’il morde.

La vie municipale continue, nous avons choisi de nous arrêter sur quelques sujets.

Un Golf 18 trous à Bois Barbu : l’idée est acquise…

Dans le cadre des grenelles de la commune, la municipalité a présenté ses projets pour le domaine de Bois Barbu, site parfois oublié mais indispensable et précieux. Au-delà de quelques aménagements de type cabanes dans les arbres ou accro-branches, c’est un Golf qui a été présenté comme acquis et non négociable.
Sans entrer pour l’instant dans le débat sur la nature de ce projet, c’est bien la méthode d’approche sous-terraine que nous déplorons. Alors que ce Golf ne figurait dans aucun document de campagne de la majorité, il a fallu moins de 2 Grenelles, rencontres dites de concertation, pour que le projet soit déclaré. On nous a bien parlé durant la campagne d’un plan d’eau à Bois Barbu mais on découvre aujourd’hui que c’est l’arbre qui cache la forêt: il ne sera clairement pas destiné à tous mais inséré dans le parcours golfique et alimenté par le réseau d’eau potable. L’enjeu est la transformation de 50 à 60 ha de nature à la porte du village, dont l’accès et la jouissance seront restreints et soumis à licence, à ce titre les villardiens ont droit à une véritable consultation.

Nous avons voté (5 voix pour et 1 abstention) le budget de l’Office Municipal du Tourisme (OMT) en séance du conseil municipal le 13 novembre.

Voter ce budget de 4,9M€ est un acte politique de notre part, c’est adhérer à la politique de soutien capital de l’activité touristique dans notre commune. Nous avons donc validé le montant de la subvention municipale nécessaire à l’équilibre budgétaire, soit 1,8M€. Rappelons que cette subvention représente 16% du budget des dépenses de fonctionnement de la commune.

On limite souvent au seul montant de cette subvention le soutien financier de la municipalité à l’OMT. Or, il faut rappeler que 490 000€ viennent s’ajouter à cette subvention : il s’agit du transfert de recettes fiscales au profit de l’OMT (reversement taxe Loi montagne, taxe de séjour…). S’il est tout à fait logique que les taxes perçues au titre de l’activité touristique auprès des acteurs locaux soient réinvesties dans l’action pour le développement touristique de la commune, ces montants relèvent aussi de l’effort municipal et à ce titre doivent être ajoutés au montant de la subvention directe, soit un total de 2,3M€. Ce soutien apparait comme évident aujourd’hui, justifié par l’intérêt économique collectif. D’autres budgets dont les retombées ne se mesurent pas toujours en numéraire méritent tout autant de conviction : par exemple le budget des rythmes scolaires. Nous nous en souviendrons le moment venu.

Projet d’aménagement du centre bourg : vers la rénovation du « Château ».

La 2ème réunion des Grenelles a mis en évidence la volonté municipale de rénover ce bâtiment historique que nous appelons le « Château ». Quel dommage de ne pas se donner les moyens d’étudier en parallèle un autre projet sans le Château ! En actant ainsi du maintien de cette bâtisse en son lieu et place, nous nous privons pour toujours d’une vraie ouverture de la place sur le parc et d’un réaménagement plus libre du cœur du village. A l’occasion d’une matinée d’octobre, les élus ont pu pénétrer dans ce bâtiment et le visiter : le constat qui s’impose est bien celui de  « sa vétusté très avancée ». Sa rénovation aura un coût que la commune de Villard devra financer par la vente de foncier, comme cela a été évoqué. Certains diront que la préservation de la mémoire a un prix. Cependant, envisager d’autres scénarii dans un projet d’aménagement qui engage les générations futures, quitte à valoriser autrement cette mémoire n’est pas interdit. Or nous regrettons qu’aucune alternative n’ait été envisagée.

Nous avons voté le projet de chaufferie bois et de réseau chaleur destiné à chauffer les bâtiments communaux et privés désirant s’y raccorder (particuliers, hôtels, copropriétés..).

C’est la suite logique de la 1ère chaufferie bois lancée il y a 10 ans et qui chauffe aujourd’hui les écoles, la SPE, la MPT et la maison de l’intercommunalité. Ce nouveau réseau s’étend depuis le site retenu sous la patinoire et sur deux axes vers le centre de Villard. La volonté est de consommer en priorité du bois de la filière locale, en sachant que cela ne suffira pas. Le projet est ambitieux et responsable : ambitieux parce qu’il représente un investissement public de 3,8M€ et produira des économies sur la facture d’énergie, d’autant plus importantes qu’il y aura de souscripteurs. Responsable parce qu’il s’engage dans la transition énergétique notamment par le remplacement de chaudières au fuel et qu’il s’autofinance par la mise en place d’un affermage qui garantie l’amortissement.

Véronique Beaudoing – Chantal Dusser – Nadine Girard-Blanc – Pascal Lebreton – Patrick Marx – Jean-Paul Uzel
http://www.lebalcondenface.fr

Le 5 décembre 2014 avait lieu le dernier Grenelle « Architecture centre bourg ».

Comme annoncé, les consultations techniques devaient se poursuivre toute l’année 2015 en vue de la rénovation du bâtiment.

Certaines décisions ont d’ores et déjà été annoncées sans que les Villardiens n’aient eu à en débattre :

  • Le Casino (le lieu de jeu, pas la supérette !) devrait devenir la vitrine de Villard de Lans (station familiale, est-il besoin de le rappeler) en s’installant dans les locaux actuellement occupés par l’Office du Tourisme.
  • Le terrain en contrebas du « Château » sera vendu pour financer en partie le projet de réaménagement de l’édifice.

L’Office du Tourisme serait installé au premier étage (niveau rue avec accès direct à la voirie) et un Fablab au rez-de-jardin (laboratoire de conception d’objets, avec des machines à disposition telles des imprimantes 3D et une équipe d’animation pour faire émerger des projets et les accompagner).

Restent à définir, pour les groupes de travail à créer en 2015, l’aménagement du parc et l’aménagement des espaces Culture et Patrimoine.

Le budget du projet de rénovation est d’environ 3 500 000 euros (soit 2,5 M€ annoncés pour les travaux + 25% pour études et divers aménagements  + dépassements habituels et frais non encore comptabilisés). Ceci ne comprend pas les frais des aménagements intérieurs et extérieurs liés au résultat de la concertation sur l’usage et le contenu du château que les villardiens devront décider. Cette rénovation devrait être financée en partie par la vente du patrimoine public (partie basse du parc, vente foncière dont il est espéré 0,6 M€) mais est soumis à l’accord de subventions potentielles dans le cadre de politiques contractuelles publiques, « ce qui sera difficile à obtenir étant donné le contexte économique actuel » a t-il été dit.

Lors de la réunion, un villardien (au franc parler libéré) a interpellé l’auditoire (dont la moyenne d’âge se situait davantage vers 60 ans que 25 ans) en soulignant le fait que les jeunes n’avaient pas donné leur avis concernant ce projet alors que ce sont eux qui seront les utilisateurs de demain du Château. Nous ne pouvons que souligner la justesse évidente de ces propos, même si nous élargissons le terme « jeunes » aux personnes entre 20 et 50 ans.

A noter encore, si le Château se dégrade trop avant le début de la phase 1 (pas avant 2016), il n’est pas prévu de reconstruire un autre bâtiment dans le Parc. Il n’a pas été précisé ce qu’il adviendrait du Château dans ce cas, que l’on laisse actuellement toit ouvert à la pluie depuis que des tuiles sont parties.

Beaucoup de points restent donc en suspens tels le financement du projet et sa faisabilité,  compte-tenu du temps nécessaire avant le début des travaux pour les aspects administratifs et l’état dégradé du Château. A suivre donc…

Quel projet pour Bois Barbu ?

Grenelle : Débat multipartite, normalement suivi d’un accord supposé résoudre des problèmes importants à l’échelle du pays. Pourquoi alors galvauder ce nom pour la tenue de réunions publiques qui ne comptaient, pour chacune d’elles, qu’un nombre réduit de participants (entre 30 et 50) équipes « techniques » comprises ? Serait-ce une utilisation « marketing » ou la recherche d’une légitimité pour la mise en œuvre de projets importants qui concernent TOUS les villardiens ? La suite nous le dira.

Ainsi la dernière réunion programmée concernant « Bois Barbu » s’est tenue lundi 1er décembre. Vous pouvez prendre connaissance de son contenu sur le site de la commune www.villard-de-lans.fr  (Mairie/Grenelle de Villard de Lans/Grenelle Bois Barbu… réunion du 1er décembre 2014).

Elle a débouché sur la validation des propositions de consolidation de l’offre hivernale. Ont également été retenues les propositions concernant l’offre estivale

  • offre d’hébergement et/ou de restauration (hébergements aériens, insolites, restauration insolite)
  • offre d’activité hors équipement structurant (parcours acrobatiques, accrobranches, parcours collectifs suspendus, parcours aériens découverte ludique, créatif, tir à l’arc…etc.).

Le principe « d’appels à projets » devrait être lancé en 2015.

La structuration de l’offre autour d’un équipement structurant de type PLAN D’EAU et GOLF a également été débattue. Sur ces deux points qui sont étroitement liés, aucune décision n’a été prise, ce qui ne signifie pas pour autant que le projet ait été retiré.

Le plan d’eau artificiel (réserve collinaire alimentée avec l’eau du réseau):

Trois options sont proposées:

  1. Un plan d’eau avec esthétisation du site pour une clientèle de promeneurs, randonneurs, marcheurs…Certes il permettrait d’optimiser l’enneigement artificiel du site. Mais un tel investissement (dont le coût se situerait entre 500.000 et 800.000 €) ne semble pas pertinent au regard du résultat attendu. Une étude de rentabilité s’avèrerait nécessaire pour valider ce projet s’il devait être retenu.
  2. Un plan d’eau aménagé avec une offre de base de loisirs de plein air pour une clientèle familiale, d’associations sportives et de loisirs. Cette option a été écartée. Ce n’est visiblement pas la clientèle recherchée.
  3. Un plan d’eau paysagé avec la création d’un golf. Faute de disposer d’éléments suffisants qui permettraient de valider (ou non) ce projet, aucune décision n’a été prise. La restitution attendue d’une étude doit permettre d’étudier sa faisabilité (*):

(*) 1. Extrait de compte rendu du conseil communautaire (CCMV) : « Création d’un terrain de golf : débat autour de la pertinence d’un tel projet et éléments d’aide à la décision. Le président rappelle qu’une mission exploratoire a été confiée à M. Gérard Clot Godard par un courrier du 27 novembre 2008… En conclusion, l’assemblée décide d’intégrer la faisabilité d’un tel projet dans la charte et de confier à la Fédération (de golf) une étude d’analyse du potentiel golfique local pour un coût de 1200 euros. »   Quel est le résultat de cette mission établie en 2008 avant le contexte de crise économique que nous traversons ?    Un rapport a-t-il été établi ?

(*) 2.  Conseil Municipal de juin 2013 le projet de création d’un golf à Bois Barbu a été à nouveau évoqué. Madame le Maire rappelle que le rapport préalable de la société Atout France permettra d’étudier la faisabilité du projet, sur le plan règlementaire et environnemental.

Même si la municipalité actuelle se défend d’avoir voulu cacher ce projet, qui ne figure pas dans le programme présenté aux Villardiens, peut-elle seulement se prévaloir d’un regrettable oubli ? Alors que la création d’un plan d’eau (qui n’avait jamais été évoquée auparavant) était inscrite dans le programme présenté, celui de la création d’un golf, évoqué à plusieurs reprises (cf. ci-dessus), n’y figure pas. Pourquoi ?

Voir aussi: « Le point sur le projet de golf à Bois Barbu. »

Le point sur le projet de golf à Villard de Lans.


Pour alimenter la réflexion de chacun et peser le poids d’une telle décision (mais aussi les conséquences d’un tel investissement) nous vous livrons nos réflexions ainsi que des données chiffrées et commentaires extraits de documents récents édités par la Fédération Française de Golf.
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• Après une forte croissance, le nombre des licenciés marque une stagnation sur la période 2009/2013 (+1%). Plus marquant encore est la baisse de 2% des licenciés sur la seule année 2013 par rapport à 2012, soit 9000 licenciés de moins (FFG). Dans un contexte économique fortement dégradé, le marché n’est pas porteur.

• Un grand nombre de golfs (382) a été crééx sur la période 1985/1995.  Beaucoup ont subi des pertes d’exploitation significatives. Ils avaient ignoré la nécessité de répondre à une demande de proximité.  « Il faut veiller à ne pas reproduire les erreurs du passé (FFG) »

• Le golf attire toutes les populations locales pourvu qu’elles soient proches et situées à moins de 20 minutes de son implantation (FFG).

• La demande actuelle est fondée sur une attente de sport loisir vert, de nature, pouvant se pratiquer rapidement, en famille et entre amis (FFG):

o Golf plus proche
o Golf moins cher
o Golf pouvant se jouer plus rapidement et plus facile.

L’équilibre d’exploitation (hors investissement) après une période de 5 à 10 ans est un objectif réaliste si le programme est bien ajusté à la demande (FFG).  Pendant ces années l’exploitation sera déficitaire et les pertes resteront à la charge de l’investisseur (Commune, CCMV…)

La région grenobloise est déjà fortement dotée de parcours golfiques. Sur les 70 golfs implantés en région Rhône-Alpes, 8 le sont en Isère dont 5 dans la seule région grenobloise (dont un à Corrençon, juste à côté, rappelons-le) auxquels nous pouvons aussi rattacher celui de La Chapelle en Vercors, voire ceux des 2 Alpes et de l’Alpe d’Huez (source Golf Magazine).

Quel est le coût d’un tel investissement ?

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Doit encore être évalué l’arrosage de cet équipement. Extraits de la charte nationale « golf et environnement » nous notons :

• La consommation d’eau moyenne, par tranche de 9 trous (toute origine de l’eau confondue) est de 26.000 m3 / an.

10% des golfs ont recours à l’eau potable. La consommation moyenne est de 19.000 m3 / an par tranche de 9 trous soit l’équivalent de la consommation d’eau potable d’une commune de 350 habitants.

Pour toutes ces raisons, la création d’un deuxième parcours de golf à 10 kms de celui de Corrençon et à 45’ au mieux de Grenoble parait bien inappropriée au contexte socio-économique. Le souhait de faire du Vercors une « destination golfique » (comme le Portugal, le Maroc etc.….) relève de l’utopie. Il n’a guère de sens si l’on prend en compte l’ensoleillement, la saisonnalité qui limite la pratique à 6/7 mois dans l’année, diminuant de fait les rentrées d’argent (FFG) et accentuant ainsi le déficit d’exploitation.

Ce projet conséquent, qui ne figure pas dans le programme de la Municipalité, ne répond ni à l’intérêt, ni à la demande, ni au souhait de l’immense majorité des Villardiens et leur adhésion devra être obtenue par voie consultative. Elle relève de la démarche citoyenne que nous défendons. Mais ceci est un autre débat.

Voir aussi: « Qu’est-ce qui va arriver à Bois Barbu ?«