Pourquoi nous avons voté contre… L’achat de la bibliothèque Jacques Lamoure pour un montant de 30.000 €.

Cette bibliothèque d’un particulier (à qui on doit la rénovation de la maison du patrimoine de Villard) est composée de plusieurs centaines de livres.
Nous avons bien retenu de la lecture du rapport d’expertise effectué en 2004 par Jean Guibal que sa valeur tient du fait de la concentration de très nombreux ouvrages sur des thèmes choisis (art, botanique, histoire). Il ne s’agit pas de livres anciens ou rares, ni même d’éditions limitées. Cette bibliothèque tire sa valeur de son entité pleine et serait digne d’une bibliothèque universitaire. Très bien.

Mais fallait-il pour autant que la Commune en fasse l’acquisition ? Qui aura accès à ces livres au sens pratique (aucun lieu d’exposition ou de consultation n’est prévu) comme au sens intellectuel (des thèmes très pointus) ?

On nous rappelle sans arrêt en conseil municipal les charges budgétaires subies pour arbitrer des décisions, alors si nous avions vraiment 30.000 € à investir dans la culture et le patrimoine, n’y avait-il pas matière à enrichir et valoriser l’existant ?

7 réflexions au sujet de « Pourquoi nous avons voté contre… L’achat de la bibliothèque Jacques Lamoure pour un montant de 30.000 €. »

  1. Bonjour,
    La critique (celle de Kant se trouve parmi ce fonds patrimonial fabuleux, dans un ouvrage rare car édition rare.) devrait s’appuyer à défaut sur des convictions, au mieux sur plusieurs témoignages. Je vous accorde le bénéfice du doute : vos remarques sont fondées sur le rapport de Jean Guibal. Très bien. J’ai grande confiance en Jean Guibal dont j’ai eu l’honneur de réaliser un portrait il y a peu. Ce rapport s’est basé sur quelques heures de visite et à été commandé par la municipalité Bouvier dont Madame Beaudoing était adjointe. Rapport suffisamment convaincant pour qu’un achat soit envisagé « illico presto » Seul le refus de Madame Lamoure de céder cette extraordinaire collection sans local où la stocker en attendant sa mise en valeur à empêché cette transaction. Sic transit »…
    Un point m’attriste, le second me rend confiance,
    Dans vos propos vous laissez planer un doute :  » qui aura accès à ces livres au sens intellectuel ( des thèmes très pointus) « . Tirer Villard vers le haut voilà bien ce que Jacques Lamoure a toujours réalisé avec succès . Cet homme encyclopédiste nous ouvrait les portes de l’intellectualisme souvent et partageait ses connaissances « pointues »! N’ayez crainte à Villard nous savons AUSSI travailler sur des sujets pointus.
    Confiance,oui ! Pour avoir passé quelques centaines heures dans cette bibliothèque ( bénévolement je vous rassure, nous n’aurons pas besoin d’autodafé avec les quelques 15 000 livres pour alléger une charge de chauffage de bâtiment communal) les livres rares, précieux, en exemplaires limités existent bel et bien. Je les ai répertoriés. Un exemple ? Le superbe ouvrage , édition originale, sur Jérôme Bosch publié chez Bordas aujourd’hui épuisé ….Il me faudrait des pages pour lister les éditions originales et je n’ai que trop écrit. Ah ! Une dernière précision, quitte à être pointus : On doit à Jacques Lamoure l’invention de la Maison du Patrimoine grâce à la rénovation de l’ancienne mairie.
    Votre blog informe et c’est positif. Alors que l’information soit complète et ce sera parfait. Merci

    1. Bonjour,
      Il n’existe pas aujourd’hui plus de place qu’à l’époque pour stocker ces ouvrages, et encore moins pour les exposer. Cet achat n’est pas plus anticipé en 2014 qu’il ne l’était sans doute en 2004.
      Par contre le contexte économique n’est plus le même pour les villardiens : les choix d’investissement seront de plus en plus cruciaux. L’arbitrage de cet achat nous apparait inopportun et quoiqu’on en dise, élitiste. L’argent investi dans cette bibliothèque ne sera pas mis ailleurs… D’où notre vote « contre ».

    2. Je pense que la réflexion/débat ne doit pas porter sur la seule collection : sa valeur à dire d’expert, sa valeur intellectuelle, sa composition. De même elle ne saurait porter sur la valeur et le souvenir d’un homme, Jacques Lamoure, qui est à l’origine de la Maison du Patrimoine, celui qui inspire aujourd’hui encore un vrai respect auprès des Villardiens qui l’ont connu (même s’ils ne sont peut-être pas majoritaires). Sur tous ces points les avis convergent donc tout naturellement.
      Il me semble s’agir ici du sérieux de la gestion des deniers publics. A un moment où la majorité des Français s’accordent sur le fait qu’il faille réduire la dépense publique, à un moment où l’on sait que notre commune (comme l’ensemble des collectivités) va connaître une baisse sensible de ses recettes, (celles versées par l’état) et sauf à relever l’impôt communal, ne convient-il pas de commencer par soi ? D’autant que l’on apprend que cette collection ne pourra ni être lue, ni être exposée et qu’elle sera stockée dans des locaux communaux !
      Je pense que c’est ici que se situe le véritable débat sur le sujet. Aujourd’hui le choix des investissements doit concerner l’ensemble des Villardiens afin de répondre à leur préoccupation et améliorer leur quotidien.
      Le profit de cette acquisition correspond il vraiment à ce souhait ? C’est aussi ici que ce mesure me semble-t-il le sens de la responsabilité d’un élu. Savoir dire non. La position des élus de l’opposition me paraît donc cohérente.

  2. Bonjour,
    Merci de votre apport dans cet échange de points de vue. Je reviendrai sur un terme utilisé par le « Balcon d’en face » : élitiste. Tout est dit , les poncifs à propos de la culture élitiste sont de retour ! Ce terme en dit long quant à l’état d’esprit du groupe.
    Pour aller dans votre sens : oui, politiquement nous subissons de plein fouet une baisse sensible des recettes et des choix sont à faire. Oui , pour l’heure, cet extraordinaire et unique fonds que constitue ces livres et revues va être stocké. Il est en germination. La terre sur laquelle il sera semé à pour nom  » culture villardienne ». C’est un champ fertile de possibles économiques. In fine, allons – nous évoquer l’économie de la Culture ? Cette Culture qui participe de la ré-dynamisation d’un village ? Le vrai gaspillage n’est pas d’avoir acquis ce fonds à un prix qui est tellement en deçà de sa valeur vénale. Il s’agit bel et bien de semences ! Le débat est celui de la culture comme marqueur identitaire et développeur économique. Vous doutez de cela, me jugez trop optimiste ? Demandez aux commerçants d’Avignon quelle a été La chute de leurs bénéfices lors de la première grève des intermittents il y a qq. années, et comment les plus opposants au Festival se sont groupés pour le maintien de l’évènement. Chacun, à réalisé de quel poids pesait la graine culturelle dans leur économie locale. L’achat de ce fonds villardien est un acte prévoyant. Un choix, oui, celui d’un projet de récolte. Parce que la culture c’est aussi cela. Quelques grains de matière grise pour un tourisme vert. A vous d’en douter. Moi j’y crois !

    1. Passer de la culture à l’agri-culture, faire le parallèle entre une bibliothèque qui ne livrera sa richesse au grand jour que plus tard (et pour qui) et un festival dont l’envergure est toute autre et dont la portée est sans rapport…..
      voici un message plein d’humour que chaque Villardien saura apprécier sans aucun doute.

  3. Tous les villardiens effectivement respectent profondément Jacques LAMOURE et son oeuvre, était-ce une raison pour dépenser 30000 euros pour acheter sa bibliothèque , n’était-il pas possible ( je n’ai pas la réponse à cette question) de racheter seulement
    les ouvrages ayant un rapport direct avec notre patrimoine et en faire profiter tous les villardiens ???

    1. en effet, alors que les dotations de l’Etat aux communes vont fortement baisser, c’est une décision totalement irréfléchie d’acheter ce « fonds » qui, de plus, va bien rester au « fonds » d’un tiroir, sans que les Villardiens n’en profitent …

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