Tous les articles par u78366784

Au comptoir des Jeunes…

On ne les entend pas, on ne parle jamais d’eux mais on prétend agir pour eux, ceux que l’on englobe dans les discours, sous le terme des générations futures. STOP ! Quittons un moment nos dialogues de sourds. Nous avons rencontré des Villardiens âgés entre 20 et 30 ans. Nous les avons abordés seul ou en petit groupe par la même question « comment vivez-vous à Villard ? ». Ils ont accepté cet échange uniquement par désir de s’exprimer et espoir d’être entendus. Rien d’autre.

Nous avons choisi de vous livrer l’essentiel de ces échanges.

Quelles que soient leurs différences, la phrase claque sans appel : « Villard c’est chez nous, on y est bien. Mais ça manque de vie, ça manque de mouvement ». Le décor est planté. Ils ne sont pas tous d’accord sur le rapport touristes / habitants. Pour les uns « si on se considère comme village touristique, l’animation n’est pas au niveau ». Pour les autres « on fait beaucoup pour les touristes et rien pour nous. La vie est payante à Villard le soir, nous on n’a pas les moyens de payer pour s’amuser. A part jouer aux boules sur un terrain (en l’occurrence dans le parc du Château), il n’y a rien pour nous ». Rapidement, ils expriment leur souhait d’avoir « une salle avec l’électricité ».
D’eux-mêmes et sans hésitation, ils s’imposent un cadre, une structure « sinon c’est le bazar ». Attention, ils pensent vite « puisque le Casino et le Bowling déménagent, on récupère un espace… C’est bien placé, on n’embêtera personne avec le bruit ». Ils évoquent une association qui gèrerait tout cela, qui les représenterait et qui s’impliquerait dans l’animation du village. D’ailleurs…

« Elle est où la fête du village ? »

A partir de là, tous se rejoignent dans une cohérence d’idées impressionnante. D., 26 ans: « une fête du village qui implique les habitants et qui donne un dynamisme collectif ». Bien-sûr la musique, les concerts ont leur préférence. Le comble : « cette année il n’y a même pas eu de concert à Villard le jour de la fête de la musique. S’il y a bien un jour où on s’attend à entendre de la musique, c’est ce jour-là ! ». Pour eux Villard doit oser « un Festival de qualité, de marque » qui se répète d’année en année, créer un rendez-vous attendu. Le Festival de Jazz allait dans ce sens, ils regrettent sa suspension. Ils insistent sur le rythme des animations en été afin de permettre aux visiteurs qui séjournent peu de temps de vivre un Villard vivant. «Un mois et demi d’animations, ce n’est pas énorme quand même ! » Ils regrettent l’absence d’évènements qui attirent les jeunes : « c’est la clientèle de demain ». B.26 ans: « on voit de moins en moins de jeunes et d’ados dans Villard, c’est inquiétant ».

Et le Beach Volley aux Bains ? 1ère cartouche : « on ne paye pas pour du sable ». 2ème cartouche : K. 25 ans, « si on voulait attirer les jeunes, il fallait aller au bout : mettre un terrain de boules, du socker, un beach rugby qui devient un snow rugby l’hiver comme ça marche ailleurs ». Ces jeunes nous parlent du Tournoi des 6 stations, de la Yeti Race, sorte de jeux inter neige modernes, qui allient animation sportive et amusement. 3ème cartouche : « on n’y va pas au Beach volley parce que les bains c’était notre piscine»…

Le sujet arrive tout seul. Nous argumentons : « 2 piscines à Villard, ça coûte cher. Il reste le Centre Aquatique ». Fusillade… F. 23 ans : « on n’y va jamais, c’est pour les touristes et même si on voulait y aller c’est trop cher ». D.26 ans : « il y a des touristes ultra fidèles à Villard qui allaient à la piscine des Bains et qui vont maintenant à Méaudre. Si même ceux-là on arrive à les perdre, c’est triste ». B. 26 ans maman de 2 petites filles : « cet été pour la 1ère fois je n’ai pas emmené mes filles à la piscine à Villard ». Question : avons-nous pris la vraie mesure du rôle et de la place de cette piscine des Bains ? Car ce ressenti est général.

Ce sujet douloureux passé, retour au centre pour évoquer le parc et le « château ».

Pour ces jeunes, il faut bien distinguer le parc du bâtiment. Ils sont attachés au parc, parce qu’ils s’y retrouvent enfin au cœur du village. M. 23 ans : « Le soir, tant qu’il fait jour, on reste dans le parc. Il y en a qui jouent aux cartes, d’autres qui dessinent, d’autres qui jouent aux boules ». Ils ajoutent non sans humour « C’est vrai qu’on remplit la poubelle mais on met tout dedans ! ». L’attachement au bâtiment est plus nuancé : « s’il est détruit, ça fera drôle au début et puis on s’y fera vite ». D.26 ans : « si on le rénove, il faut que ce soit pour un projet innovant dans son contenu et son aspect. Y mettre l’Office du Tourisme et une salle d’exposition, c’est l’option de facilité, on ne sort pas de l’ordinaire ». Ils parlent alors de professionnels de l’innovation qui pourraient travailler avec les villardiens intéressés.

Leurs galères ? Les mêmes que tous en mieux : le travail et le logement.

Leurs préférences de consommation ? Les circuits courts, le co-voiturage, les jardins partagés.

Leur ras le bol ? « Il faut arrêter de construire ».

Prêts à partager et développer leurs idées, ils veulent que ça bouge et aimeraient être écoutés. Avant de partir, tous ont proposé une suite : « si vous voulez on peut aller plus loin et travailler sur ce qu’on a dit. On peut être bien plus nombreux ». Attachés à Villard et au plateau, carrément dans leur temps, ils nous bousculent avec sérieux. Nous nous sommes engagés à poursuivre ces échanges.

 

Extrait de « La lettre aux villardiens », septembre-octobre 2016, chronique de l’opposition.

Budget à Villard de Lans

Un déménagement de quelques mètres aux conséquences nocives…

Depuis de longs mois maintenant, l’élément financier rythme tout débat à Villard de Lans. Une fois encore, l’introduction au débat d’orientation budgétaire 2016, donnait le « la » du morceau à jouer : perte de recettes, plan d’économies, citations de rapports alarmistes sur la situation des communes françaises, contexte national, hypothèse d’une hausse des impôts locaux (finalement écartée pour 2016, mais 2017 ?)… Pour un peu, l’opposition gagnée par le syndrome de Stockholm, volait au secours de cette majorité accablée par tant d’injustices !

Cependant, en réponse à une question précise de notre part, l’équipe municipale a finalement confirmé les projets suivants : le transfert du casino dans les locaux de l’office de tourisme et la rénovation du «château » qui pourrait abriter à terme l’office du tourisme (dans 3-4 ans ?). Le budget primitif entérine le lancement de ces projets par l’engagement de 1 500 00€ de frais d’étude.

Pourquoi le transfert du casino à la place de l’office de tourisme doit être dénoncé, et s’il est encore temps pourquoi faut-il y renoncer ?

  • L’office du tourisme est à SA place : transféré de la mairie (actuelle Maison du Patrimoine) à cet endroit il y a plus de 50 ans, il est au cœur des installations sportives et touristiques, symbole d’une station sportive. Arrivée des cars, visibilité parfaite à l’entrée du village, parkings proches, il a fait l’objet d’une rénovation importante en 1998 sous la mandature de Michel Daudens qui lui a donné sa conception actuelle. A l’époque, il y a à peine 20 ans, l’équipe avait fait appel à un architecte spécialiste de ce type de d’ouvrage pour lui donner une architecture de montagne.

  • Certes, le casino manque de visibilité. Cela ne justifie pas qu’il faille céder au chantage du départ et lui accorder la place centrale et raisonnée de l’office de tourisme.

  • Sa position « en tête de gondole » n’est pas cohérente avec les efforts d’image et de communication d’une station village et d’une station familiale.

  • Son transfert implique de trouver un nouvel emplacement pour l’office de tourisme.

On arrive alors à la seconde étape : la rénovation/reconstruction du « château ».

  • Villard devra vivre sans bâtiment d’office de tourisme pendant au moins 2 ans.

  • La reconstruction du « château » est évaluée au minimum à 3 millions d’€, supportés par les finances de la commune. Sans compter les « surprises » inhérentes à la vétusté du bâtiment.

  • La commune devra emprunter et augmenter les impôts pour faire face aux remboursements.

La sagesse consiste à renoncer à cette opération suicidaire non créatrice de richesses à terme pour Villard.

Concernant le « château » 2 solutions:

  • la démolition du bâtiment en très mauvais état et dont l’histoire peut-être préservée sans garder l’ouvrage en totalité. C’est de loin la solution que nous préférons car elle donne à Villard les moyens d’envisager un réaménagement intéressant de son cœur de village sans créer les charges d’un bâtiment nouveau.

  • la reconstruction : Le casino s’y installe et participe au financement du nouveau bâtiment dont le statut juridique devra être adapté. Cette solution ne nous plaît pas mais aurait le mérite de positionner en priorité le projet communal.

En toute hypothèse les Villardiens ne peuvent pas supporter une fiscalité locale alourdie. Nous aurons notre part de hausse de la part des strates supérieures. On ne peut pas avoir un discours national prônant la diminution de la pression fiscale et faire l’inverse localement.

Alors que suggérons-nous ?

Quitte à préserver l’existant, renforçons les fondements de notre économie qui soutiennent l’emploi local. L’hiver 2015-2016 a montré à quel point nous sommes fragiles et dépendants de « l’or blanc ». Si la SEVLC, après avoir investi il y a 30 ans dans la neige de culture n’avait pas renforcé chaque année ses installations pour en optimiser la production, la Côte 2000 n’aurait pas ouvert cet hiver. Il est illusoire de penser que nous pourrions trouver une économie de substitution à celle des sports d’hiver. Cette saison difficile nous oblige à développer l’enneigement de toutes les installations de la station. Bois Barbu et la Colline des bains ont besoin des infrastructures nécessaires à la production de neige. Bois Barbu parce que Villard est en train d’abandonner la partie du ski nordique alors que ce site participe à la polyvalence de la station. La pratique du ski nordique augmente chaque année, Villard devrait en tirer bénéfices. La Colline des Bains parce que son succès n’est plus à démontrer. Une retenue d’eau est tout à fait possible sur le site et répond aux besoins techniques. Le bon sens commande, dans des périodes difficiles comme aujourd’hui, de concentrer nos efforts sur l’entretien de ce qui fait la richesse de notre économie et constitue le moteur de l’emploi.

Prenons du recul : les 2 projets retenus ne sont pas ceux dont Villard a besoin et pourtant c’est à ceux-là que sera allouée la faible marge d’investissement restante. Ils ne sont pas de ces réalisations qui feront dire à nos enfants plus tard « heureusement que les anciens y ont pensé ».

Il reste un 3ème et magnifique rond point à décorer pour célébrer les mascottes locales. Après l’Ours emblème historique, la Villarde fierté patrimoniale, pourquoi pas une machine à sous, future star locale 😉

Extrait de « La lettre aux villardiens », chronique de l’opposition.

Véronique Beaudoing – Chantal Dusser – Jacques Ebermeyer – Nadine Girard-Blanc – Pascal Lebreton – Jean-Paul Uzel

Commune nouvelle Villard-Corrençon: retour sur « la réunion de la dernière chance ».

Pour participer au débat actuel, voici le point de vue de Michel Savin, sénateur de l’Isère, qui nous prévenait il y a quelques mois d’un piège possible pour les communes nouvelles (article Dauphiné Libéré du 04/07/2015).

Lors d’une rencontre avec les élus locaux début juillet 2015 à Autrans, Michel Savin a indiqué à propos des communes nouvelles, que « l’argent de ne doit pas être le seul moteur des communes nouvelles », car « si en 2017 l’Etat a besoin d’argent (NDLR, c’est le cas) les dotations promises risquent de passer à la trappe ». Il semble en effet que le plus grand flou règne sur ce sujet.

Faut-il donc anticiper l’irrévocable, de la façon qui nous est proposée ?

Lors de la réunion publique de vendredi 4 septembre à Villard, nous avons appris que Lans-en-Vercors, Engins et Saint-Nizier avaient décidé d’engager le travail de réflexion et de construction de la commune nouvelle en faisant l’impasse sur l’échéance du 1er janvier 2016. Cela leur donne le temps de construire un vrai projet ensemble, de respecter la consultation et l’information des habitants, sans bousculer les questions identitaires…

Car vendredi soir, des Corrençonnais hostiles à cette fusion en l’état, ont fait entendre leurs voix. Nous avons bien compris les craintes qui les animent : perte de pouvoir de décision, perte de liberté, disproportion de tailles entre les 2 communes…

Une lecture utile pour comprendre le sujet, le Dauphiné Libéré a publié en date du 6 septembre 2015 un compte rendu de la réunion publique de Villard de Lans. L’article aborde à la fois le déroulé de la réunion animée par les deux maires de Villard et Corrençon et les doutes de certains, dont les membres de l’opposition municipale à Villard de Lans et de l’ancien Maire de Corrençon, Monsieur Sauvageon.

Hier dimanche, les Corrençonnais étaient appelés aux urnes à s’exprimer sur la décision qui appartiendra au Conseil municipal. Or, c’est un vrai débat au sein de cette équipe municipale dont certains sont hostiles au projet.

Il ne reste plus qu’à attendre le résultat de la consultation mardi soir…

Où est passé la sincérité ?

Extrait de notre « chronique de l’opposition » à propos de la « commune unique Villard-Corrençon »…

Le sujet de la commune unique Villard-Corrençon fait irruption dans le « débat » local comme le lapin surréaliste sort du chapeau du prestidigitateur.

Moins de 18 mois après les élections municipales et 6 mois après les élections départementales, ce sujet identitaire est porté de toute urgence sur le devant de la scène. Au point que la décision irrévocable doit être prise avant le 31 octobre 2015. Qui se moque de qui ?

Les 2 communes n’ont pas élaboré un projet commun mûri de longue date et voulu par tous dont la commune nouvelle serait l’aboutissement. Non, la vraie et seule raison qui motive cette idée est financière. La loi de programmation qui doit amener l’Etat français à réduire le niveau de ses dépenses publiques en 2017 entend réduire le nombre de communes françaises. Pour y parvenir la loi manie la carotte et le bâton : toutes les communes subissent une baisse des dotations d’Etat… Sauf celles qui se regroupent et pour lesquelles l’Etat maintient le niveau de dotation jusqu’en 2017.

Clairement si Villard obéit et collabore, la commune aura la dotation sauve pendant 3 ans (1 million d’€ sur 3 ans). Plus précisément, les 2 communes préservent 256000€ en 2016, 513000€ en 2017 et en 2018. Ce n’est pas une obligation, c’est une incitation. Ce qui fait dire aux Corrençonnais « Corrençon bradé = Villard sauvé ».

Madame le Maire de Villard de Lans  l’a résumé en réunion publique le 5 août à Corrençon: sans cette ressource elle ne pourra pas réaliser son programme électoral et sera contrainte d’augmenter les impôts des villardiens. Nous y voilà ! Une nouvelle fois la menace est le moteur de la communication. Que l’Etat français réduise ses dépenses et veuille que les communes en fassent autant, ce n’est pas un scoop.
Cela nous ramène au débat budgétaire houleux d’avril dernier. Patrick Marx s’est dressé contre un budget qui ne tient pas compte de la situation préoccupante des finances locales. Il a dénoncé l’absence de mesures d’économie permettant de dégager une capacité d’autofinancement aujourd’hui à son niveau le plus bas. Il a interpellé le Maire et son équipe sur l’augmentation des dépenses plus rapide que les recettes. Le mépris avec lequel l’équipe majoritaire a traité son intervention, se dégageant de toute responsabilité, a conduit Patrick Marx à démissionner. Ultime geste d’expression face au manque de respect pour la parole divergente. Pour le remplacer, Jacques Ebermeyer a bien voulu nous rejoindre et nous l’en remercions. Il sourit aux manœuvres qui mènent droit aux augmentations d’impôts.

Car le véritable sujet qui se cache mal derrière cette fusion, est dans l’immédiat celui des impôts locaux. Les impôts liés à l’intercommunalité vont continuer d’augmenter, c’est une évidence. Le transfert des compétences communales vers la CCMV s’intensifie. On devrait assister à un transfert des charges en même temps que celui des compétences. Où sont les économies pour les communes ? Chacun le sait : le plus gros risque dans ces transferts est de voir augmenter les charges d’un côté sans les voir diminuer de l’autre. Et la tentation d’augmenter les impôts de part et d’autre est grande !