Où est passé la sincérité ?

Extrait de notre « chronique de l’opposition » à propos de la « commune unique Villard-Corrençon »…

Le sujet de la commune unique Villard-Corrençon fait irruption dans le « débat » local comme le lapin surréaliste sort du chapeau du prestidigitateur.

Moins de 18 mois après les élections municipales et 6 mois après les élections départementales, ce sujet identitaire est porté de toute urgence sur le devant de la scène. Au point que la décision irrévocable doit être prise avant le 31 octobre 2015. Qui se moque de qui ?

Les 2 communes n’ont pas élaboré un projet commun mûri de longue date et voulu par tous dont la commune nouvelle serait l’aboutissement. Non, la vraie et seule raison qui motive cette idée est financière. La loi de programmation qui doit amener l’Etat français à réduire le niveau de ses dépenses publiques en 2017 entend réduire le nombre de communes françaises. Pour y parvenir la loi manie la carotte et le bâton : toutes les communes subissent une baisse des dotations d’Etat… Sauf celles qui se regroupent et pour lesquelles l’Etat maintient le niveau de dotation jusqu’en 2017.

Clairement si Villard obéit et collabore, la commune aura la dotation sauve pendant 3 ans (1 million d’€ sur 3 ans). Plus précisément, les 2 communes préservent 256000€ en 2016, 513000€ en 2017 et en 2018. Ce n’est pas une obligation, c’est une incitation. Ce qui fait dire aux Corrençonnais « Corrençon bradé = Villard sauvé ».

Madame le Maire de Villard de Lans  l’a résumé en réunion publique le 5 août à Corrençon: sans cette ressource elle ne pourra pas réaliser son programme électoral et sera contrainte d’augmenter les impôts des villardiens. Nous y voilà ! Une nouvelle fois la menace est le moteur de la communication. Que l’Etat français réduise ses dépenses et veuille que les communes en fassent autant, ce n’est pas un scoop.
Cela nous ramène au débat budgétaire houleux d’avril dernier. Patrick Marx s’est dressé contre un budget qui ne tient pas compte de la situation préoccupante des finances locales. Il a dénoncé l’absence de mesures d’économie permettant de dégager une capacité d’autofinancement aujourd’hui à son niveau le plus bas. Il a interpellé le Maire et son équipe sur l’augmentation des dépenses plus rapide que les recettes. Le mépris avec lequel l’équipe majoritaire a traité son intervention, se dégageant de toute responsabilité, a conduit Patrick Marx à démissionner. Ultime geste d’expression face au manque de respect pour la parole divergente. Pour le remplacer, Jacques Ebermeyer a bien voulu nous rejoindre et nous l’en remercions. Il sourit aux manœuvres qui mènent droit aux augmentations d’impôts.

Car le véritable sujet qui se cache mal derrière cette fusion, est dans l’immédiat celui des impôts locaux. Les impôts liés à l’intercommunalité vont continuer d’augmenter, c’est une évidence. Le transfert des compétences communales vers la CCMV s’intensifie. On devrait assister à un transfert des charges en même temps que celui des compétences. Où sont les économies pour les communes ? Chacun le sait : le plus gros risque dans ces transferts est de voir augmenter les charges d’un côté sans les voir diminuer de l’autre. Et la tentation d’augmenter les impôts de part et d’autre est grande !

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